Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 22:04

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Alors aujourd'hui, une molécule un peu connue car devenu trop toxique: l'aminopyrine.

 

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Effectivement, comme dit sur le tube, elle est un antalgique, efficace car elle était commercialisée jusque récemment (2006 pour le Salgydal).

 

Elle appartient à la fammile des AINS de la sous-famille de Pyrazoles, qui pouvait colorer les urines en rouge entre autre effet secondaire (création d'acide rubazonique dans les urines acides). Elle pouvait aussi causer des effets plus graves tels que des chocs anaphylactiques, et toute la ribambelle de problèmes (et de services)  pouvant être liés aux AINS.

 

Le Rucronyl était utilisé pour les affections suivantes:

 

 rucronyl

 

Alors l'action sur les infection de l'arbre urinaire on l'explique par la préence d'hexamine (appelée methenamine généralement), un antibactérien qui fonctionne par relargage lent de formaldéhyde en milieu acide. Pour les manifestations de la senescence, là je n'ai pas d'explications à vous donner...

 

Que fait-on de ce médicament aujourd'hui ? On utilise parfois l'aminopyrine dans les leucémies aigues comme myélotoxique (destructeur des cellules de la moelle osseuse). Elle a un mode d'action assez proche de celui du methotrexate mais malheureusement, elle est plus toxique que ce dernier sur le système nerveux central. La posologie dans cette indication est de 0,5 à 1mg par jour chez l'adulte.

 

Si vous regardez l'affiche plus haut ou même la boîte, vous verrez que les posologies pouvaient atteindre sans problème 2 mg/ jour, parfois même en traitement chronique ! Largement au delà de ce que l'on utlise à des fins de chimiothérapie aujourd'hui...

 

Croyant soigner une grippe, les patients faisaient une chimiothérapie myélotoxique sans le savoir...

Par Zamoth
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Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 22:32

Alors aujourd'hui chers lecteurs, un thème un peu plus léger, ces boîtes aux formes étranges, voire funestes...

 

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Dans ce médicament, on trouve du phosphore, et plus étrange, de la strychnine et de l'arsenic ainsi que du cacodylate de soude.

 

La strychnine et un agent convulsivant que l'on trouvait encore il y a peu dans la mort aux rats. L'arsenic est un poison qui se substitue au phosphore dans la formation de l'ATP, enfin le cacodylate est un composé cancérigène utilisé pendant la guerre du Viet-Nam comme herbicide ("agent bleu"). Alors effectivement on se demande comment ce produit pouvait reconstituer le noyau cellulaire, mais heureusement pour le malade la mention et "toxique" et "respecter la dose prescrite" figuraient sur cette boite.

 

CIMG2830.JPG

 

 En voilà une autre jolie petite boîte:

 CIMG2834.JPG

 

 Oh, mais c'est encore de M. Leprince, quel humour. Ici la Guipsine (tirée du gui) servait à traiter l'hypertension, l'artériosclérose, l'hémoptysie (rejet de sang par les voies respiratoires), la goutte, les troubles de la ménopause et la néphro-sclérose (aujourd'hui appelée NAS pour néphro-angio-sclérose). Bref, une panacée dans une boîte en forme de cercueil...

 

CIMG2837.JPG

 

 Vous pouvez voir ci-dessous le flacon encore rempli de ces petits  comprimés blancs.

 CIMG2838-copie-1.JPG

 

Enfin jetez un oeil sur la notice, le curriculum complet du Dr. leprince y figure. Alors les principes actifs du gui sont des amines (choline, acétylcholine, thyramine, etc.), de la viscotoxine (polypeptide), etc. L'action globale est hypotensive et diurétique.

 CIMG30000

 

 Voilà, si j'en trouve d'autres, je les publierai...

Par Zamoth
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 21:09

Bonjour,

 

alors aujourd'hui on passe des fonctions cognitives supérieures....au postérieur. Voilà, la transition est faite, nous allons parler du fondement et de ses tracas qui touchent de 4% à 86% de la population selon les études et les populations étudiées; j'ai nommé les hémorroïdes.

 

Alors voici un joli objet que j'ai pu acquérir, la fameuse pommade Midy (je ne vous refais l'historique du laboratoire, il se trouve déjà sur l'article concernant la pipérazine). CIMG0224.JPG

 

Elle a a bien joli nom: pommade adréno-styptique Midy. Alors il faut aller voir la composition pour comprendre ces termes barbares, nous sommes un peu aidés en cela par la notice:

 

 CIMG0230

 

 

Comme vous le lisez dans cette magnifique prose:

 

Adréno = adrénaline, qui en agissant sur les récepteurs a1, elle provoque une vasoconstriction. C'est cela que provoquent certaines préparations modernes à base d'épinéphrine pour déboucher le nez. En diminuant la circonférence des vaisseaux, la norépinéphrine procure la sensation d'un nez débouché. Ici, le but était évidemment de réduire l'oédème lié à cette pathologie en réduisant le calibre veineux et la stase sanguine. D'où styptique, en médecine, un puissant astringent.

 

Stovaïne = anesthésique, connu ajourd'hui sous son nom breveté d'amylocaïne. C'est la substance qui souvenez-vous dans les préparations contre la toux et le mal de gorge avait remplacé avantageusement la sulfureuse cocaïne (BMC devenant BMA, je vous renvoie aux articles précédents sur les pathologies hivernales).

 

L'anesthésine = ici on le considère comme un antiseptique, il, n'en n'est rien. Cette molécule est connu sous le nom de benzocaïne est en fait un anesthésique local assez efficace contre les douleurs hémorroïdaires et les prurits divers. Donc deux anesthésique dans un même produit, on comprend facilement le soulagement procuré par ce produit aux patients souffrant d'une crise hémorroïdaire aigue.

 

Enfin l'intrait de marron d'inde (Aesculus hippocastanum), encore vendu aujourd'hui, notamment pour ses propriétés phlébotoniques, dues à la présence de saponines, appelées aescines. Certains prétendent que les pommades anti-hémorroïdaires contenant ce produit aurait un effet redoutable sur les cernes (personnellement je n'essaierais pas....)

 

 Je vous affiche la seconde face:

 

CIMG0226.JPG

 

Donc pas de visa encore moins d'AMM, nous sommes donc avant 1941...

 

Le tube neuf (mais qui date un peu) :

 

CIMG0232.JPG

 

 

Ce qui est intéressant, c'est la présence d'une canule déjà à l'époque, très utile pour traiter les hémorroïdes internes. Je terminerai avec les publicités à l'intérieur, dont une reprend la gamme (c'est d'ailleurs l'emblême choisi pour être mon avatar sur overblog) :

A l'époque, on pouvait essayer de refiler toute la gamme de produit au malade, et finalement, ce n'était illogique...

 

 CIMG0227.JPG

 

 CIMG0228.JPG

 

 Là c'est carrément du co-marketing...

 CIMG0231.JPG

 CIMG0229.JPG

 

Au revoir. 

 

 

Par Zamoth
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 20:50

Bonjour,

 

aujourd'hui un joli flacon qui a fait dormir plus souvent qu'à son tour de malheureux malades. Aujourd'hui, je vais parler du Largactil, ou chlorpromazine, le premier antipsychotique industriel jamais élaboré (ici Specia,filiale de Rhône Poulenc Rohrer)

 

lactargyl.JPG

 

 

Cette molécule fut élaborée à partir des recherches de Rhone-Poulenc sur les phénothiazines, la première des trois classe de neuroleptiques (les trois cycles liés en haut).

 

 Catecholamines_7_4_clip_image002.gif

 

 

La recherche sur les phénothiazines aboutit à la génération d'anti-histaminiques (recherche contre le choc anaphylactique chez Rhone-Poulenc), au fort pouvoir hypnogène (rien à voir avec ceux commercialisés aujourd'hui), mais en 1951, elle aboutit via Paul Charpentier (Rhone-Poulenc) à la création de la chlorpromazine. Ce produit, nommé 4560 RP fut tout d'abord associé au phénergan (prométhazine, anti-histaminique très hypnogène) dans le cadre de la chirurgie (Henri Laborit). Il fut écarté par Rhone-Poulenc, trop hypnogène et pas assez anti-histaminique...

 

Ce monsieur Laborit, le père de la neuroleptanalgésie, s'intéresse surtout à l'anesthésie sans anesthésique. Il demande lors à Rhone-Poulenc si ce dernier possèdait dans sa librairie de molécules, un composé possèdant des facultés dédatives plus puissantes  que celle du phénergan. C'est ainsi que la Chlorpromazine sort du placard pour entrer dans l'histoire.

 

Laborit fait tester le 4560 RP par des psychiatres du Val de Grâce, mais cette équipe passe à côté des bénéfices de cette molécule. Puis, Laborit convertit Deniker à son projet, ce dernier le teste à Saint-Anne, et là c'est le succès, les malades de long séjours, les cas les plus lourds vont mieux.

 

Deniker propage sa découverte d'asiles en asiles en Europe, la molécule connaît un essor fulgurant. Les psychiatres français baptisent cette classe neuroleptiques.

 

Le nom commercial du RP 4560 sera le Largactil (en hommage à son large spectre d'action), surnommé la matraque liquide.

 

Pour conclure, les anti-histaminique recevront un Nobel (D. Bovet 1957), pas les travaux sur la chlorpromazine (un prix Lasker en 1957 pour Deniker et Lehman). La psychiatrie n'a vu apparaître sa pharmacopée que dans la corbeille à papier des antihistaminiques...

 

Par Zamoth
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Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 21:43

Bonjour,

 

deux trouvailles viennent complèter l'article Is Good Design Good Business:

 

 

tromexane vieux 

 

 

 

Insidon.JPG

 

Si je trouve d'autre Geigy, je vous les posterai, promis...

 

Par Zamoth
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